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Tuğrul Keskin- 2014

Gana’dan geçerken

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yalnız uyuyanların düşlerini getirdim
ellerinde düş çoğaltanların hüznünü
oğullarının cesedi üzerinde ağlıyor annem, akdeniz
maon’ların korkuyla ürperişinden geçip geldim
hurmaların arasından yürüdük, anımsa
yaprakları jilet gibi keskin hurmaların
ve hindistan cevizleri
sarktıkça aç çocukları emziren
memesiydi bir kadının hemen yanı başımızda
sarhoştuk, ah nasal sarhoştuk acıdan ve kederden
unutmuyorum bunları ay üstümüze devrilirken
devrilirken ayıtey komey’le o akşam
beyaz şarabından içmiştik hurmaların
ve göğün vahşetini vermişti bana, Hena
buzdan elbiseler giyeyim istemişti.

 

Kapını Aç

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düşüp kalkan çocuğum
kapını aç, sana geldim
dilim damağım kamaşık
aklım karma karışık
aç paramparça geldim
yerle gök arasında
bir vakit
haylice tozup gezdim
sığamadım bir yere
dönüp sana geldim
anladım sezdim
iki cihandan da bezdim
yaralı bir kuşum
aç koyma beni eşikte
çırpını çırpını geldim
yoldaşlarım var
latin’den asya’ya kadar
dünyalarım var
bu kalpten o kalbe kadar
yine de geldim
bütün kalabamla
birike birike geldim
kapını aç sana geldim
ömrüm akıp geçmeden
bu kirli avludan, aç
kapını aç
seninle ölmeye geldim.

 

Yaz

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derinleşen büyük yalnızlığın iniltisiyle
derlenip, toparlandı kumsalda
çığlık çığlığa koşmaya güz denizine
yüreğin suya değince, ‘doğrul’ dedi
coşkulu aşkların buğulu sesiyle
kapılarını çal, bütün şehrin kapılarını
bitti yaz. derlenip toparlandı kum
taneleri tek tek silkelendi evlerin
toparlandı çiçekler, kurutuldu yaz
serpiştirildi o son, soğuk geceye
bitti yaz, gün batımları katlandı
özenle, bir sonraki yıla saklandı
bir aşk yedeğini arandı güzde
martı son balığı avladı ve hayat
motorun ardı sıra, akıp gitti güze
derin iniltiyle bitti yaz
sonsuz kederle toparlandı aşklar
çığlık çığlığa artık her şey, ağaçlar
fırından yeni çıkmış bir somun belki
ısıtabilirdi bütün yeryüzünü ama bitti
bitti yaz, derlenip kapandı yıpranık evler

 

 

Güz

                                           Ataol Behramoğlu’na

güz geldi, küsüp gidince saksılara yaz
tüllere sarılı, gümüşlükte bir otel odasında
güz geldi, orada açıldı eprimiş albümler
gördüm, sıska, kir içindeki çocukluğumu
yürüdüm ürkerek, sisli kıyısında onun
çocukluğumu arıyorum karanlıkta
sesleniyor çocuğum, buradayım baba.
her yere düşen sayfasında o albümün
sesleniyor çocuğum, buradayım baba
kapılarda yalvarma, buradayım baba
yine de bilemedim neydi şahmaran
çocukluğum mu? yoksa kocaman bir yılan
güz geldi, eprimiş albümleri kapamaktayım
gümüşlükte köhnemiş bir otel odasında
begonvillerin altında, yaseminlerin altında…

 

En passant par le Ghana

j’ai apporté les rêves de ceux qui dorment seuls
dans leurs mains la tristesse de ceux qui multiplient les rêves
sur les cadavres de ses fils elle pleure, ma mère la méditerranée
je suis arrivé en passant par le frémissement de peur des maons
nous avons marché parmi les dattiers, souviens-toi
de leur feuilles tranchantes comme des rasoirs
et les noix de cocos
telles qu’elles pendaient elles étaient la mamelle d’une femme immédiatement à nos côtés
que tétaient les enfants affamés
nous étions ivres, oh combien ivres de douleur et d’affliction
je n’oublie pas tout cela lorsque la lune se renversait sur nous
se déversait avec ellis ayitey komey ce soir-là
nous avions bu le vin blanc des dattes
et elle m’avait donné la brutalité du ciel, Hena
elle avait voulu que je revête des habits de glace

 

 

Ouvre ta porte

je suis un enfant qui tombe et se relève
ouvre ta porte, je suis venu chez toi
ma langue mon palais sont pâteux
mon esprit tout confus
ouvre déchiré je suis venu
entre terre et ciel
un temps
j’ai beaucoup nomadisé
je n’ai pu m’établir nulle part
rentré je suis venu chez toi
j’ai compris j’ai ressenti
des deux continents je me suis lassé
je suis un oiseau blessé
ouvre ne me mets pas sur le seuil
en battant de l’aile je suis venu
j’ai des compagnons de route
du pays latin jusques à l’asie
j’ai des mondes
de ce coeur-là jusques à ce coeur là-bas
et pourtant je suis venu
avec toute ma tribu
réunissant du monde je suis venu
ouvre ta porte je suis venu chez toi
avant que ma vie ne s’écoule
par cette cour sale, ouvre
ouvre ta porte
avec toi je suis venu mourir

 

 

L’été

avec le gémissement de la grande solitude qui s’approfondit
rassemblé, amoncelé sur la plage
en vociférant en courant dans la mer d’automne
lorsque ton coeur a touché l’eau, redresse-toi, il a dit
avec sa voix vaporeuse des amours passionnées
frappe à leurs portes, aux portes de toute la ville
fini l’été. rassemblé amoncelé le sable
les grains un à un secoués des maisons
ramassées les fleurs, mis à sécher l’été
nébulisée cette dernière, froide nuit
fini l’été, les couchers de soleil ont été repliés
soigneusement, pour une prochaine année conservés
un amour de rechange cherché en automne
la mouette a péché le dernier poisson et la vie
derrière le moteur, a coulé partie vers l’automne
avec son gémissement profond l’été est fini
avec une tristesse infinie se sont amoncelées les amours
en vociférant désormais toute chose, les arbres
tout juste sorti du four un pain rond peut-être
il pouvait réchauffer le monde entier mais il est fini
fini l’été, rangées et fermées les maisons délabrées

 

 

L’automne
                                                   À Ataol Behramoğlu

 

l’automne est venu, l’été offensé étant parti dans les pots à fleurs
enveloppé de tulle, à gümüşlük dans une chambre d’hôtel
l’automne est venu, là-bas ont été ouverts les albums vétustes
j’ai vu, malingre, poussiéreuse mon enfance
j’ai marché effrayé, sur sa rive brumeuse
je cherche mon enfance dans l’obscurité
il appelle mon enfant, je suis ici papa.
sur la page de cet album qui tombe partout
il appelle mon enfant, je suis ici papa
devant les portes ne supplie pas, je suis ici papa
et pourtant je n’ai pas su ce qu’était une sirène
mon enfance ? ou bien un énorme serpent
l’automne est venu, je suis en train de fermer les albums vétustes
dans une chambre d’un hôtel démodé à gümüşlük
sous les bougainvilliers, sous les jasmins…

 

Traduction A.Pannuti