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Tuğrul Tanyol-2019

Yaz geçti

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perde indi, toz uçuştu, gözyaşı yağmur oldu
ağaç çiçek dökerken geldi yaz
geçti, ben onu görmedim, yalnızca bir ses
orada duruyordu, deniz yüzeye vuruyordu
ve sen uyuyordun.

ah! öyle güzel uyuyordun ve yaz
uykunu bozmamak için senin
ayakuçlarıyla bir kapıdan
ötekine kadar koşmuş olmalı.
toz henüz yere inmemişti
çiçek dökülmemişti
ve ben, büyülenmiş gibi yalnızca sana bakan

bütün bir yaz!

 

 

Evinde yolculuk

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git gel altmış adım
odaları katarsan yüz on
eşyalara çarpmadan
dolaş evinin derinliğinde

halılar, döşemeler
daha sen gelmeden bilirler
ayaklarının ölçüsünü
hafifliğini ya da ağırlığını gövdenin

perdenin her karışına
bakışların sinmiştir
üzüntün ve sevincin
işlenmiştir oturduğun koltuğa
dokunduğun tablaya
baktığın duvarlara

oraya çizmiştin oğlunun büyüyüşünü
kaç kat boya geçse de üzerinden
o çizgiler hâlâ orada, çünkü
duvarın belleği renginden alır gücünü

pencereyi her açışında
görünmez bir kuş sürüsü
taşıyor sözlerini öteye
bulutlar senin sözlerinle şekilleniyor

mutfakta, sevdiğin kadın
sevdiğin kadında geçen yılların
birlikte dolaştığın parkeler ve halılar boyunca
evinde yolculuk

zamana boyun eğiş

 

 

Vazolar şiiri

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I

Bu kalın bir vazo, yıllar
incecik belini yok etmiş
olabilir mi?

Ucundan uzayan
Ayçiçeği olacak değil ya
kıpkırmızı karanfil
kimsenin sevmediği

II

Bu kırık bir vazo, bir elin
bir zamanlar havaya kaldırdığı
içinden günışığı yansırdı
o gözü orada unutmuşum ben

bu kıvrımlı bir vazo, dansın
ve müziğin ritmiyle yer değiştiren
göğsü örten o hızlı saten
duygusuyla ayakların değişi birbirine

III

Bu ejderha duruşlu bir vazo, içinden
Tao’nun gülüşünü geçiren
ona ancak bambular yakışırdı
Li Po’nun dönerken getirdiği
arayıp da bulamadığı hocasının evinden

Bu sarhoş bakışlı bir vazo
yeşimden hem de değil
Pound’un Cathay’ı kadar uzak
ama bir o kadar da yakın

IV

Bu karanlık bir vazo
içinde unutulmuş çiçeklerin ağır kokusu

V

Bu ızdırap dolu bir vazo
evin boşluğunu yansıtan
tül çiçekleriyle örtülü

VI

Bu yağmurla dolu bir vazo
bir ucundan bakıldığında
yüzünde kırılmış kederi görürsünüz

 

İhanet perisinin soğuk sarayi

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ayaklarını soğuk suya değdiriyor
suyun içinden kendisine bakan kendisini seviyor
hızla koştuğu kayalıklardan
bir martı uçuyor
içine doğan yoldan bir atlı ona yaklaşıyor
atın soluğunu yanaklarında duyuyor
yanaklarından göğüsuçlarına düşen bir ter damlasında
atın koştuğu bütün kıtalardaki nal izlerini görüyor
ve karnının gerilen derisinde
bitmek tükenmek bilmeyen tamtamların uğultusunu

ayaklarının değdiği soğuk sulardan
bir sevgi halkası yaratıp ötelere fırlatıyor
ve o halkalara yakalanan erkeklerin
gözlerini kör eden ışıktan bir ejder şekilleniyor
beklemek için o tutsak ruhları

o tutsak ruhların ormanında
kaç ağaç kurtuluş olabilirdi?
dalların keskin uçlarında
kurusun diye güneşe doğru kalpler
ve serçelerin dik gagalarıyla
oyup çıkardıkları boşluklarda
olmayan gözleriyle geçmişe bakan nice adam
şimdi ihanet perisinin soğuk sarayını bekliyor

o ayaklarına bir değip bir değmeyen sularla oynuyor
o suyun dağılan berraklığındaki gülüşüne bakıyor
kış yaraların üstüne buzdan saraylar dikiyor
ve yara buzun içinde sonsuza dek kanıyor,
ihanet perisinin soğuk sarayında
kadın adını buluyor
ve erkek taşa dönüşüyor

 

Crescendo

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açık pencereden dökülen müzik
avlunun çıplak taşlarına düşüyor
taşları siyah ve beyaz
renklere dönüştürüyor

taşların üzerinde oynayan çocuk
seçerek atıyor adımlarını
geriliyor zemin,
zıplayarak bazen
bir mesafe koyuyor
arasına sevincin

duvara yapışıp kalan kedi
sıçrıyor şaşkınlıkla
ta ötelere kaçıyor güvercin

çocuğun üzerinde koştuğu taşlar
dev bir dalgaya dönüşüyor birden
bir deniz kızı oluyor, bir köpük, bir gölge
kanatlı bir at
açık kalmış pencereden fırlıyor
çarpıyor yüzümüze,
beklenmedik bir öpücük gibi hayat

L’été est passé

Le rideau est baissé, la poussière s’est envolée,
les larmes sont devenues pluie
l’été est venu
lorsque l’arbre perdait ses fleurs
mais il est passé,
je ne l’ai pas vu
seulement une voix restait là
la mer battait contre la surface
et tu dormais.

ah ! comme tu dormais bien
et pour ne pas troubler ton sommeil
l’été a dû courir d’une porte à l’autre
sur le bout des pieds
la poussière n’était pas encore retombée sur terre
l’arbre n’était pas dépouillé de ses fleurs
et voilà qu’il ne regarde que toi comme enchanté

durant tout l’été !

 Traduit par Yaşar Avunç

Le voyage chez soi

L’aller et le retour
soixante pas à arpenter
y compris les pièces
cent pas
tu peux te promener
dans la profondeur de la maison
sans heurter les objets
les tapis
les planchers savent déjà
avant ton arrivée
la mesure de tes pieds
la légèreté ou le poids de ton corps
tous les coins du rideau
sont imprégnés de ton regard
ton chagrin et ta joie
sont brodés sur le fauteuil
où tu t’installes
sur le cendrier que tu touches
sur les murs que tu regardes
là tu avais dessiné ton fils grandissant
les traits y sont toujours
même s’ils sont recouverts
de plusieurs couches de peinture
car la mémoire du mur puise sa force
dans sa couleur
chaque fois que tu ouvres la fenêtre
un troupeau d’oiseaux invisible
porte tes paroles au-delà
les nuages se forment
par tes paroles
dans la cuisine
la femme que tu aimes
les années que tu as passées dans cette femme
le voyage chez soi
le long des parquets et des tapis
parcourus ensemble
la soumission au temps.

 Traduit par Yaşar Avunç

Le poème des vases

I

C’est un vase épais, les années
ont peut-être enlevé
sa taille fine
ce ne sera sûrement pas un parasol
qui s’allongerait de son bord,
mais des oeillets tout rouges
aimés par personne

II

C’est un vase brisé, qu’une main
jadis, enleva en l’air
la lumière du jour se reflétait là-dedans
oubliée par mes propres regards
C’est un vase bouclé, comme les pas
qui changent de place avec le rythme
de la musique et de la danse
avec la sensation du satin qui couvre les seins

III

C’est un vase qui a la posture d’un dragon
transmettant le sourire de Tao
des bambous lui iraient si bien,
mais seulement ceux que Li Po apporterait
au retour de chez son maître
qui n’y était plus

C’est un vase au regard ivrogne
de jade, et pas un vase éloigné
comme le Cathay de Pound
mais quand même proche

IV

C’est un vase sombre avec l’odeur mauvaise
des fleurs oubliées

V

C’est un vase plein de douleurs
qui reflète le néant de la maison
voilée par des fleurs de tulle

VI

C’est un vase plein de pluie.
Quand vous observez son bord
vous y verrez le chagrin sur son visage

Traduit par le poète

 

 

Le palais froid de la nymphe infidèle

Elle touche de son pied les eaux froides
elle aime la réflexion de son visage qui la regarde
une mouette s’envole
des rochers où elle court
et de la route qu’elle imagine
un cavalier se rapproche d’elle
Elle sent le souffle du cheval sur ses joues
et dans une seule goutte de sueur
tombant de ses joues sur ses seins
elle voit les traces du cheval sur
tous les continents qu’il parcourut
Et sur son ventre tendu
elle entend le battement interminable des tamtams
Des eaux touchant à ses pieds
Elle invente un cercle d’amour qu’elle jette au loin
et de la lumière qui aveugle les hommes chassés par ces
cercles
un dragon prend forme
pour attendre ces âmes captives
Dans cette forêt d’âmes captives
combien d’arbres pourraient s’échapper ?
Au bout des branches déchirantes
des cœurs mis au soleil pour se dessécher,
combien d’hommes aveugles qui regardent le passé
leurs orbites
vidées par les becs tranchants des moineaux
maintenant attendent le palais froid de la nymphe infidèle
Elle joue avec les eaux qui effleurent ses pieds
elle regarde son sourire dans la limpidité éparpillante de
l’eau
l’hiver construit des palais de glace sur les blessures
et la blessure saigne infiniment dans la glace
Dans le palais froid de la nymphe infidèle
La femme trouve son nom
Et l’homme se change en pierre

Traduit par le poète

Crescendo

la musique versée par la fenêtre ouverte
tombe sur les pierres nues de la cour
et les transforme en couleurs noir et blanc
l’enfant qui joue sur les pierres
marche en choisissant ses pas
le sol se tend
en sautant il met parfois de la distance avec la joie
le chat collé au mur
bondit rempli d’étonnement
et la colombe s’enfuit très loin
les pierres sur lesquelles l’enfant court
se transforment soudain en vague gigantesque
elles deviennent nymphe écume
ombre cheval ailé
puis la vie comme un baiser inattendu
se jette de la fenêtre ouverte
et nous frappe au visage.

Traduit par Yaşar Avunç

Poèmes issus du recueil Une voix troublant le vent, coll. Levée d’ancre, l’Harmattan, fév.2019, avec l’aimable autorisation du directeur de collection Michel Cassir.